Comment rendre un site accessible ?

L’accessibilité web n’est pas qu’une option : c’est une nécessité. En France, des millions de personnes naviguent sur internet avec des handicaps visuels, auditifs, moteurs ou cognitifs.

Rendre son site accessible, c’est leur permettre d’accéder à vos contenus sans obstacle. Mais c’est aussi améliorer l’expérience utilisateur pour tout le monde, optimiser votre SEO et respecter la loi.

Oui, depuis 2019, les sites publics et certains sites privés doivent être conformes au RGAA (Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité). Alors, concrètement, comment faire ?

Pourquoi l’accessibilité numérique est-elle essentielle ?

L’accessibilité numérique garantit que toutes les personnes, quelles que soient leurs capacités, peuvent utiliser votre site web. Cela concerne les personnes aveugles qui utilisent des lecteurs d’écran, les personnes sourdes qui ont besoin de sous-titres, ou encore celles ayant des difficultés motrices qui naviguent au clavier. Mais l’accessibilité profite également aux seniors, aux personnes avec une connexion lente, ou même à ceux qui consultent votre site dans des conditions difficiles (en plein soleil, par exemple).

Au-delà de l’aspect humain, rendre son site accessible améliore votre référencement naturel. Google valorise les sites bien structurés, rapides et faciles à naviguer. Les bonnes pratiques d’accessibilité recoupent souvent celles du SEO. Si vous vous demandez pourquoi créer un site internet, sachez que l’accessibilité doit faire partie intégrante de votre stratégie digitale dès le départ.

💡 Un site accessible, c’est un site qui s’ouvre 100% de votre audience potentielle, pas à 80%.

Les fondamentaux pour rendre votre site accessible

Avant de vous lancer dans des optimisations complexes, commencez par maîtriser les bases. Ces éléments constituent le socle de tout site accessible.

Structurer votre contenu avec des balises HTML sémantiques

La structure HTML de votre site est la base de l’accessibilité web. Les lecteurs d’écran s’appuient sur les balises pour comprendre la hiérarchie de votre contenu. Utilisez correctement les balises <h1>, <h2>, <h3> pour vos titres. Ne sautez pas de niveau : après un <h2>, passez à un <h3>, pas directement à un <h4>.

Les balises sémantiques comme <nav>, <main>, <article>, <aside> et <footer> permettent aux technologies d’assistance de comprendre l’organisation de votre page. Si vous utilisez WordPress, vérifiez que votre thème génère un code propre. D’ailleurs, découvrez comment faire un site internet WordPress en respectant les standards d’accessibilité dès la conception.

Optimiser les images et les médias

Chaque image doit avoir un attribut alt (texte alternatif) décrivant son contenu. C’est indispensable pour les personnes utilisant des lecteurs d’écran. Si l’image est purement décorative, laissez l’attribut vide (alt= » ») pour que le lecteur l’ignore. Pour les vidéos, ajoutez des sous-titres et, si possible, une transcription textuelle.

Les médias ne doivent pas se lancer automatiquement. Laissez l’utilisateur décider quand démarrer une vidéo ou un audio. C’est à la fois une question d’accessibilité et d’expérience utilisateur. Personne n’aime qu’une vidéo se déclenche à fond dans le métro (on l’a tous vécu).

Garantir un contraste suffisant

Le contraste entre le texte et l’arrière-plan doit être suffisant pour être lisible par les personnes malvoyantes. Le WCAG (Web Content Accessibility Guidelines) recommande un ratio minimum de 4,5:1 pour le texte normal et 3:1 pour le texte de grande taille. Utilisez des outils comme le vérificateur de contraste d’AcceDe Web pour tester vos combinaisons de couleurs.

Évitez également de transmettre des informations uniquement par la couleur. Par exemple, ne dites pas « cliquez sur le bouton vert » sans autre indication : ajoutez des icônes, du texte ou d’autres repères visuels.

Navigation et interactivité accessibles

Un site peut avoir un design magnifique, mais si la navigation n’est pas intuitive et accessible, vous perdez une partie de vos visiteurs. Voici comment y remédier.

Permettre la navigation au clavier

Tous les éléments interactifs (liens, boutons, formulaires) doivent être accessibles au clavier, sans souris. Testez votre site en utilisant uniquement la touche Tab pour naviguer. L’ordre de navigation doit être logique et l’élément actif clairement visible (grâce à un focus visible).

Les menus déroulants peuvent être un cauchemar d’accessibilité numérique s’ils ne sont pas bien codés. Assurez-vous qu’ils fonctionnent au clavier et qu’ils restent visibles assez longtemps pour être utilisés confortablement.

Créer des formulaires clairs et compréhensibles

Chaque champ de formulaire doit avoir une étiquette (<label>) explicite. Les placeholders ne suffisent pas car ils disparaissent dès qu’on commence à taper. Indiquez clairement les champs obligatoires et fournissez des messages d’erreur précis. Si un champ est mal rempli, expliquez pourquoi et comment le corriger.

  • Utilisez des labels explicites : associez chaque champ à un <label> avec l’attribut « for »
  • Groupez les informations liées : utilisez <fieldset> et <legend> pour les groupes de boutons radio ou cases à cocher
  • Donnez des instructions claires : précisez le format attendu (date, téléphone, etc.)
  • Validez de manière accessible : les messages d’erreur doivent être visibles et compréhensibles

Pour améliorer l’ensemble de votre site accessible, pensez également à la vitesse de chargement. Un site lent pénalise tout le monde, mais particulièrement les personnes avec des handicaps cognitifs. Consultez mon article sur comment améliorer la vitesse de votre site WordPress.

Tester et maintenir l’accessibilité de votre site

Créer un site accessible, c’est bien. S’assurer qu’il le reste dans le temps, c’est encore mieux. Le testing régulier est votre meilleur allié.

Utiliser les outils d’audit automatisés

Des outils gratuits comme WAVE, Axe ou Lighthouse (intégré à Chrome) permettent de détecter rapidement les problèmes d’accessibilité web. Ils identifient les images sans texte alternatif, les contrastes insuffisants, les erreurs de structure HTML et bien d’autres problèmes. Ces outils sont un bon point de départ, mais ils ne détectent que 30 à 40% des problèmes.

Le site officiel du RGAA propose également des ressources et des grilles d’évaluation pour vérifier la conformité de votre site aux normes françaises.

Effectuer des tests manuels

Rien ne remplace un test manuel. Naviguez sur votre site au clavier uniquement, testez-le avec un lecteur d’écran comme NVDA (gratuit sur Windows) ou VoiceOver (intégré à Mac). Demandez l’avis de personnes en situation de handicap : leur retour est précieux et révèle souvent des problèmes que les outils automatisés ne détectent pas.

💡 L’accessibilité n’est pas un projet ponctuel, c’est une démarche continue à intégrer dans chaque mise à jour.

Former vos équipes

Si vous travaillez en équipe, formez vos développeurs, designers et créateurs de contenu aux bonnes pratiques d’accessibilité numérique. Intégrez des vérifications d’accessibilité dans votre processus de développement. Créez une checklist que vous suivez avant chaque mise en ligne.

L’accessibilité, un investissement rentable

Rendre son site accessible demande un effort initial, mais les bénéfices sont multiples. Vous élargissez votre audience, améliorez votre SEO, respectez la réglementation et véhiculez une image positive de votre entreprise. Les personnes en situation de handicap ont un pouvoir d’achat considérable et sont fidèles aux marques qui les considèrent.

L’accessibilité s’intègre naturellement dans une stratégie de développement web réussi. Elle améliore l’expérience de tous vos utilisateurs, pas seulement ceux en situation de handicap. Un site bien structuré, rapide, facile à naviguer et compatible avec tous les appareils bénéficie à tout le monde.

Les erreurs courantes à éviter

Même avec les meilleures intentions, certaines erreurs reviennent fréquemment et nuisent gravement à l’accessibilité web.

  • ❌ Utiliser des PDF non accessibles : si vous proposez des documents à télécharger, assurez-vous qu’ils sont balisés correctement
  • ❌ Oublier les titres de page : chaque page doit avoir un titre (<title>) unique et descriptif
  • ❌ Créer des liens « cliquez ici » : les intitulés de liens doivent être explicites, même hors contexte
  • ❌ Ignorer les tableaux de données : ils doivent avoir des en-têtes (<th>) et une structure claire
  • ❌ Négliger le responsive design : un site doit être utilisable sur mobile, tablette et ordinateur

Conclusion : vers un web pour tous

Rendre son site accessible n’est pas une contrainte, c’est une opportunité. C’est l’occasion de créer un web plus inclusif, plus performant et plus humain. Les technologies d’assistance évoluent, les normes se précisent, mais le principe reste le même : votre contenu doit être perçu, compréhensible, utilisable et robuste pour tous.

Commencez par les fondamentaux : structure HTML correcte, textes alternatifs, contraste suffisant, navigation au clavier. Testez régulièrement, corrigez les problèmes détectés et formez-vous en continu. L’accessibilité numérique s’améliore pas à pas, et chaque progrès compte. Votre site n’a pas besoin d’être parfait du jour au lendemain, mais il doit progresser constamment vers plus d’inclusion.

Antoine Koe

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